Suicide
L'ensemble des données sur le suicide brosse un portrait plutôt sombre et ces données sous-estiment l'ampleur réelle du phénomène.
Données sur le suicide au Canada
On retrouve dans la publication Aspect humain de la santé mentale et de la maladie mentale au Canada 2006, publiée par le gouvernement du Canada, les données suivantes :
« Au début de 2002, Statistique Canada déclarait, dans un rapport sommaire sur les décès par suicide et les tentatives de suicide, que le suicide figure parmi les principales causes de mortalité tant chez les hommes que chez les femmes, de l’adolescence jusqu’à l’âge moyen. En 2003, le suicide a entraîné le décès de 3 765 Canadiens (11,9 pour 100 000) :
27 personnes de moins de 15 ans; 522, de 15 à 24 ans; 1 437, de 25 à 44 ans; 1 337, de 45 à 64 ans; et 442, de 65 ans et plus. Ce total représentait 1,7 % de tous les décès au pays.
En 2003, de manière globale, les taux de mortalité attribuable au suicide étaient près de quatre fois plus élevés chez les hommes que chez les femmes (18,5 contre 5,4 pour 1 000). Chez les hommes, les taux suivaient une courbe ascendante jusqu’au groupe d’âge de 45 à 49 ans, après quoi, ils chutaient jusqu’à la catégorie des 65 à 69 ans, pour remonter ensuite. Chez les femmes, on observe une tendance à la hausse des taux de suicide entre la période de 10 à 14 ans et la période de 55 à 59 ans. Par la suite (après l’âge de 60 à 64 ans), les taux baissent radicalement.
Plus d’un décès sur 5 chez les jeunes adultes de 15 à 24 ans était attribuable au suicide. Chez les adultes, le pourcentage des décès liés au suicide diminuait avec l’âge. Si le taux global de mortalité attribuable au suicide a légèrement fléchi entre 1990 et 2003, la baisse était plus marquée chez les hommes que chez les femmes. » (Gouvernement du Canada, Aspect humain de la santé mentale et de la maladie mentale au Canada 2006, p. 109 et 110 ou www.phac-aspc.gc.ca/publicat/human-humain06/pdf/human_face_f.pdf
Le suicide au Québec
Dans un document daté de janvier 2007, l’Institut de santé publique du Québec, présente les statistiques suivantes :
(Institut national de santé publique du Québec, Surveillance des suicides au Québec : Les décès imputables au suicide dans la population québécoise, janvier 2007, p.6)
Taux de décès par suicide pour l’ensemble du Québec entre 2000 et 2005* :
| Année | Hommes | Femmes | Total | Taux par 100 000 personnes |
| 2000 | 1059 | 266 | 1325 | 18.1 |
| 2001 | 1055 | 279 | 1334 | 18.0 |
| 2002 | 1052 | 290 | 1342 | 18.0 |
| 2003 | 981 | 278 | 1259 | 16.8 |
| 2004 | 872 | 291 | 1163 | 15.4 |
| 2005 | 977 | 261 | 1238 | 16.3 |
*Données préliminaires provenant du bureau du Coroner en chef
Le suicide chez les jeunes
Le suicide est l’une des principales causes de mortalité chez les jeunes de 15 à 29 ans au Québec. En 2002, 34,5 % des décès des jeunes de 15 à 19 ans étaient attribuables au suicide, ce pourcentage étant de 34,7 % chez les 20-24 ans et de 42,9 % chez les 25-29 ans. Les accidents de véhicules à moteur représentent l’autre principale cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 29 ans. En 2002, ils ont été responsables de 45,3 % des décès chez les 15-19 ans, de 27,2 % chez les 20-24 ans et de 17,1 % chez les 25-29 ans. (source : Secrétariat à la jeunesse du Québec, Stratégie d’action jeunesse 2006 – 2009)
La proportion de la population ayant un niveau élevé de détresse psychologique ou des idées suicidaires est la plus forte chez les adolescents et les jeunes adultes de 15 à 24 ans. (source : Programme National de Santé Publique du Québec 2003-2012, Santé et Services sociaux Québec, 2003.)
Environ 25 % des jeunes de 9 ans ont un niveau élevé de troubles émotifs alors que, chez les jeunes de 13 ans, le niveau élevé de détresse psychologique atteint près de 22 %. Ce sont cependant les jeunes de 15 à 24 ans qui sont les plus nombreux à présenter un indice de détresse psychologique plus élevé, 28 % des jeunes de cet âge se classant dans cette catégorie. (source : Programme National de Santé Publique du Québec 2003-2012, Santé et Services sociaux Québec, 2003.)
Une étude de la Direction de la santé publique de la Montérégie, dévoilée en juin 2001, révèle que :
- 14 % des enfants de 12 ans auraient déjà pensé à se suicider ;
- 6 % auraient déjà tenté de s'enlever la vie ;
- le problème est pire chez les filles que chez les garçons, tant pour les idées suicidaires (20 % contre 10 %) que pour les tentatives (9 % contre 4 %) ;
- dans 82 % des cas, les amis seraient les principaux confidents ;
- peu ont parlé à leurs parents (12 %) ou au personnel de l'école (10 %).
Le suicide chez les personnes âgées
Selon les plus récentes données dévoilées par l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), malgré la baisse récente des taux de mortalité par suicide, le Québec est encore la province qui présente les taux les plus élevés de suicide au Canada, tant chez les hommes que chez les femmes. Le Québec a un taux de décès par suicide comparable à ceux observés en France, en Suisse et en Autriche. En 2005, on dénombrait 1238 décès par suicide au Québec, dont 448 personnes âgées de 50 ans et plus. (Institut national de santé publique, janvier 2007)
Par ailleurs, selon une étude menée par des chercheurs du Centre de recherche sur le vieillissement de l’Institut universitaire de gériatrie de Sherbrooke et de l’Université de Montréal, au Québec, le taux de décès par suicide des personnes âgées de 65 ans et plus a augmenté de 85,4 % entre 1977 et 1999. L'INSPQ signale de plus que, si les tendances persistent, nous risquons d’observer des taux de décès par suicide très élevés chez les personnes de 55 ans et plus dans les prochaines années.
Les gens âgés de 65 ans et plus qui se suicident sont majoritairement veufs, vivent loin de leurs enfants, ont mal accepté leur retraite et ne voient pas de solution à la détresse qu'ils ressentent.
« Ces gens ne sont pas nécessairement atteints de graves maladies, commente Michel Préville, chercheur de l'Université de Sherbrooke, mais ils se sentent isolés et en perte de statut social depuis leur retraite. Les résultats nous ont surpris et confirment que le phénomène du suicide chez les personnes âgées est important et ne cesse d'augmenter. En 1999, au Québec, le taux de suicide fut 1.6 fois plus élevé chez les gens de 65 ans et plus que chez les jeunes de moins de 20 ans. Mais on n’en parle pas. C'est comme si la société disait : c'est normal, ils sont vieux », ajoute M. Préville.
Le suicide n'est donc pas le problème de quelques individus trop peu nombreux pour qu'on leur prête temps et attention. Il est un problème de société.
Pour en savoir plus sur le suicide
En cas d'urgence suicidaire:
il faut aller directement à l'hôpital, appeler le 911 ou encore communiquer avec un centre de prévention du suicide de votre région.
Jeunesse, J'écoute
Service gratuit confidentiel 24 heures sur 24 : 1 800 668-6868
Suicide-Action Montréal (SAM)
intervention téléphonique pour la personne en crise (24 heures) ;
service aux proches d'une personne en crise suicidaire ;
service aux personnes en deuil.
514.723.4000
1.866.277.3553
S'entraider pour la vie
On peut bénéficier en tout temps et dans la plupart des régions du Québec, d'une intervention téléphonique en prévention du suicide en signalant le numéro de téléphone sans frais suivant :1.866.APPELLE (277.3553)
En cliquant sur le lien "S'entraider pour la vie", vous pouvez accéder à un dépliant présentant une information de base sur le suicide, les signes précurseurs observables chez la personne suicidaire et les mesures de soutien aux personnes suicidaires.
Association québécoise de prévention du suicide (AQPS)
Diffusion d'information sur le suicide ;
références auprès des ressources partout dans la province ;
organisation de colloques et d'activités.
514.528.5858


