Les causes

Le trouble panique apparaît souvent quand la victime est au début de la vie adulte. La première crise peut se produire après une période de grande tension, par exemple la perte d’un être cher par décès ou séparation, la maladie, un accident ou un accouchement. Même après que la situation de stress soit disparue, les crises de panique persistent.

Il semble que les femmes soient deux à trois fois plus susceptibles de trouble panique que les hommes. De récents calculs montrent que plus d’un million de Canadiens souffriraient de trouble panique avec ou sans agoraphobie. Il est difficile d’établir des chiffres précis parce que les victimes cachent souvent leur état et que bon nombre de professionnels des soins de la santé ne le diagnostiquent pas.

En fait, le trouble panique a été décrit comme l’un des grands imposteurs de la médecine parce qu’on peut facilement le confondre avec bon nombre d’autres problèmes médicaux ou psychiatriques. Les victimes consultent parfois plusieurs médecins sans résultat. Se sentant mal à l’aise et incomprises, et s’interrogeant sur leur santé mentale, certaines abandonnent tout espoir d’améliorer leur état.

L’agoraphobie est la crainte de se trouver dans des lieux où il pourrait être difficile de fuir ou d’obtenir de l’aide lorsqu’on vit une attaque de panique. Certains agoraphobes ne circulent que dans un périmètre restreint ou ont besoin d’être accompagnés d’une personne de confiance. De cette façon, le trouble affecte également la famille et les amis. D’autres s’exposent, mais au prix d’une anxiété importante.

Normalement, les victimes de trouble panique se rappellent assez bien des premières crises de panique, parce que la terreur physique et psychologique a été écrasante. Certaines personnes croient qu’elles sont victimes d’une crise cardiaque massive ou qu’elles perdent la raison. L’impulsion de fuir immédiatement ou de demander de l’aide pousse certaines victimes vers les services d’urgence des hôpitaux, où elles insistent sur le fait qu’elles craignent  par exemple d’avoir une crise cardiaque. Les tests physiques ne révèlent habituellement rien d’anormal.

La soudaineté et la violence des crises de panique amènent certaines victimes à éviter les situations où elles ont eu une crise. Elles peuvent croire que l’autoroute ou l’épicerie sont des endroits effrayants. Elles se disent que dans l’éventualité d’une autre crise, au moins elles ne seront pas au volant, ni dans la foule, ni enfermées dans un train ou un avion où la fuite ou une aide appropriée seraient difficiles. Dans la crainte d’avoir une crise et de perdre la maîtrise d’elles-mêmes, les victimes évitent certaines activités ou certains endroits. Cela s’appelle évitement agoraphobique. Par exemple, ces personnes pourraient en venir à éviter de demeurer seules à la maison, de circuler dans leur quartier, d’aller à l’épicerie, à la banque, au centre commercial ou au cinéma, ou de se trouver dans une salle de spectacle, d’utiliser les transports en commun, de circuler en automobile, de traverser les ponts et les tunnels, ainsi que de prendre l’avion et de voyager. L’interférence avec la vie personnelle ou professionnelle peut devenir importante.


Les conséquences peuvent être graves

Les crises de panique, l’anxiété d’anticipation et l’évitement agoraphobique peuvent avoir des conséquences graves s’ils ne sont pas traités. Les victimes de ce trouble sont plus susceptibles de dépression que la population en général, avec les complications que cela implique. Dans leurs efforts désespérés pour réprimer les crises et sous l’effet de leur anxiété d’anticipation, certains abusent de l’alcool, des drogues ou de certains médicaments.

D’autres acquièrent une dépendance pathologique. Ils sont incapables d’envisager les situations qu’ils craignent sans la présence constante de quelqu’un. On estime qu’avec toutes ses complications, le trouble panique coûte au Canada des centaines de millions de dollars par année en frais médicaux, prestations d’invalidité et salaires perdus.

 
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