Introduction

À l'âge adulte, nous passons plus des deux tiers de notre temps d'éveil au travail. Le travail peut être source d'enrichissement, de développement, de joie, mais aussi de grande souffrance.

Non seulement rémunérateur et utilitaire, le travail prend pour plusieurs d'entre nous la forme d'une quête d'identité dans laquelle nous cherchons à donner un sens profond à notre vie, à contribuer à quelque chose de plus grand que soi. La preuve, cette question fréquemment posée quand nous rencontrons quelqu'un pour la première fois : « Que faites-vous dans la vie ? »

En cette ère où nous sommes bombardés de statistiques sur l'augmentation des problèmes de santé et de maladies mentales au travail plus inquiétantes les unes que les autres, la question que tous se posent est la suivante : À qui appartient la responsabilité de la santé mentale des individus en entreprise ?

À l'instar de plusieurs auteurs, nous croyons à la Fondation des maladies mentales que cette responsabilité est partagée, qu'il doit y avoir une reconnaissance de cette réalité et une volonté d'agir autant chez les individus qu'au sein des organisations. Toutefois, pour y parvenir, de nombreuses barrières doivent être démantelées, car il n'existe pas de cause unique à la maladie mentale; plusieurs facteurs contribuent à son éclosion, dans des sphères souvent interreliées : l'aspect sociologique, le volet psychologique et le facteur biologique. Mais quand on comprend la complexité d'une maladie mentale, on peut mieux soutenir les gens qui présentent des symptômes avant-coureurs et les encourager à demander l'aide professionnelle dont ils pourraient avoir besoin.

Les gestionnaires ne sont pas tenus de « soigner » les membres de leur personnel qui pourraient présenter des signes de dépression ou autres maladies mentales, car cette tâche ne relève pas de leur compétence. La Fondation est toutefois d'avis que leur rôle consiste, entre autres, à réagir sans préjugé à ces signes afin d'adresser leurs employés à des professionnels ainsi qu'à les soutenir dans leur démarche.

C'est dans cette optique que la Fondation a décidé d'agir en proposant un programme de prévention et de sensibilisation en milieu de travail, Ça me travaille, visant à détecter les problèmes de santé mentale et à inciter les adultes à consulter et si nécessaire, à recevoir un traitement adéquat. Plus le dépistage est précoce, plus le traitement est efficace et les risques de récidive moins fréquents.

Plusieurs témoignages confirment la nécessité d'actions concrètes pour démystifier les maladies mentales en milieu de travail, là où la majorité des adultes passent leurs journées. Il est primordial d'enrayer les préjugés et la culpabilité, souvent accolés aux maladies mentales, afin de favoriser leur dépistage et l'acceptation par l'individu concerné et son entourage qu'une maladie mentale, au même titre qu'une autre maladie telle que le diabète par exemple, est une maladie qui se soigne.

L'élimination des perceptions négatives, des tabous et des mythes entretenus depuis des années envers les maladies mentales est donc primordiale pour nous à la Fondation. Notre programme Ça me travaille est fidèle à cette philosophie parce que chaque vie est unique et mérite d'être pleinement vécue.

 
 
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