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La phobie spécifique

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Description

Est-ce que la peur des araignées est une phobie ou une peur normale? Est-ce que d'avoir peur de prendre le métro ou l'autobus est une phobie?  L'enfant qui refuse d'aller à l'école souffre-t-il d'une phobie?  Comment distinguer les phobies d'une peur normale?  Bien des questions, bien des peurs différentes, d'où l'importance de tenter de clarifier quelque peu ces peurs qui peuvent parfois nuire considérablement à la qualité de la vie quotidienne.

Le terme phobie se réfère à une peur excessive, soit d'une situation, d'un objet spécifique ou encore d'une circonstance particulière qui s’accompagne généralement de l’évitement de l’élément redouté.  La peur et la phobie se différencient en quelque sorte par l'intensité de la réaction (j'ai peur des chats mais je peux demeurer dans la pièce où il y a un chat versus fuir la pièce et éviter tous les endroits où je risquerais de rencontrer un chat!).

Les personnes qui souffrent de phobie reconnaissent leurs peurs, sans toutefois pouvoir en expliquer l'origine, qui est irraisonnée. Leurs peurs les contrôlent totalement, contrairement à la majorité des gens qui, bien qu'ils éprouvent des peurs, telles craindre une entrevue d'emploi ou dormir seul à la maison, trouvent cependant des stratégies " pour passer à travers ". C'est donc la gravité de cette incapacité de la personne à s'adapter à son environnement qui permet de différencier les phobies des " peurs normales ".

Une phobie spécifique consiste en une peur importante et persistante d'un objet ou d'une situation spécifique comme les hauteurs, les animaux, les microbes, les vols aériens, les ascenseurs, les injections ou le sang. La personne souffrant de phobie spécifique adopte des comportements d'évitement, mais elle acceptera de vivre, bien qu'avec une crainte intense, certaines situations incontournables. La plupart des phobies spécifiques débutent à la fin de l'adolescence ou au début de la vie d'adulte, sauf pour la peur des hauteurs, qui ferait quant son apparition dès l'enfance.  

 

Types de phobies spécifiques selon le DSM-IV-TR :

  • Animal : Insectes, serpents, chiens, chats, oiseaux, poissons, souris. 75 à 90 % des sujets sont des femmes.
  • Environnement naturel : Hauteurs, proximité de l’eau, tempêtes / orages. 75 à 90 % des sujets sont des femmes sauf pour la peur des hauteurs où le pourcentage de femmes est 55 à 70 %.
  • SIB : Vue du sang, injection, prélèvement sanguin, vue d’une chirurgie. 55 à 70 % des sujets sont des femmes.
  • Situationnel : Transports publics, ponts, ascenseurs, voyage en avion, conduite automobile, espaces clos. 75 à 90 % des sujets  sont des femmes.
  • Autre type : Étouffement, vomissement, hypocondrie, phobie liée à l’orientation spatiale.
     
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Symptômes

Une phobie est donc une peur irrationnelle qui entraîne un évitement conscient de la situation, de l'objet ou de l'activité. De plus, la présence et/ou l'anticipation d'être placé devant la situation phobique entraîne une peur excessive, ce qui peut empêcher une personne de fonctionner normalement.

Enfin, l'exposition au stimulus ou situation phobique provoque presque invariablement une réponse d'anxiété immédiate qui peut soit déclencher des attaques de panique ou prédisposer au développement d'attaques de panique. Il est cependant faux de croire que les phobies sont toujours accompagnées d'attaques de panique.

Tout le monde peut donc, un jour ou l'autre, développer des phobies. D'ailleurs, il est probable que plusieurs personnes souffrent de phobies sans chercher de traitement : elles s'adaptent à leur phobie par différents mécanismes tel que l'évitement, ont un "compagnon phobique", ou autres mécanismes "d'adaptation".  Il n’en est pas ainsi pour tous les gens souffrant de phobies : en effet, les phobies peuvent nuire considérablement au fonctionnement et à la qualité de la vie quotidienne. Elles peuvent entraîner des troubles conjugaux, familiaux et sociaux considérables.

Il est important de noter que les enfants expriment leur anxiété et/ou peur de façon bien différente de l'adulte.  En effet, l'enfant peut se mettre à crier, pleurer, devenir turbulent ou refuser d'aller s'amuser avec d'autres enfants.  L'observation attentive des comportements de l'enfant permettra souvent aux parents de déceler et d'identifier l'objet ou la situation de peur de l'enfant.

De plus, les personnes souffrant de phobies spécifiques sont à risque de développer d'autres troubles anxieux, de souffrir de dépression, d’abuser de substances telles que la drogue ou de l’alcool.  En effet, la consommation de drogues et d'alcool permet de diminuer leur anxiété et par le fait même, leur donner l'illusion d'être capable de mieux fonctionner ou de faire face à la situation phobique.

Les phobies peuvent même entraîner des comportements dangereux. Cela peut par exemple déclencher une réaction catastrophique chez une personne conduisant sur l’autoroute qui aperçoit une araignée sur le pare-brise de sa voiture. Une phobie peut aussi mettre en danger la santé d’une personne, lorsque celle-ci souffre par exemple de la phobie du sang ou des injections et refuse ou omet de passer certains examens médicaux qui seraient nécessaires pour poser un diagnostic ou traiter une maladie.
 

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Causes

Selon le rapport du Gouvernement du Canada «Aspect humain de la santé mentale et de la maladie mentale au Canada, 2006 », les troubles anxieux découlent de l’interaction complexe de facteurs génétiques, biologiques, cognitifs, développementaux et autres, comme le stress personnel, socioéconomique ou professionnel. Diverses théories ont été avancées pour expliquer le rôle joué par ces facteurs dans l’apparition des troubles.

La première théorie est expérientielle. Elle postule que la peur peut naître d’une première expérience, comme une situation embarrassante, une agression physique ou sexuelle ou le fait d’être témoin d’un acte violent. Les expériences subséquentes de nature analogue ont pour effet de renforcer la peur.

Selon une seconde théorie, liée à la cognition ou à la réflexion, l’individu croit ou prévoit qu’une situation donnée prendra une tournure embarrassante ou dangereuse. Un tel phénomène peut être lié à la présence de parents surprotecteurs qui mettent continuellement la personne en garde contre d’éventuels problèmes.

Une troisième théorie repose sur des fondements biologiques. Des recherches indiquent que l’amygdale, une structure située en profondeur dans le cerveau, sert à signaler la présence d’une menace et déclenche une réaction de peur ou d’anxiété. Elle emmagasine aussi des souvenirs émotionnels et peut intervenir dans l’apparition de troubles anxieux.

Les enfants d’adultes atteints de troubles anxieux sont beaucoup plus à risque que l’ensemble de la population, ce qui indique l’existence d’une possible piste génétique. De nombreuses études ont aussi confirmé le lien entre les neurotransmetteurs du cerveau, comme la sérotonine et la norépinéphrine, des facteurs hormonaux et l’apparition et l’évolution de troubles anxieux.
 

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Qui en est atteint ?

Les phobies spécifiques sont assez répandues dans la population adulte en général. 12.5% des femmes en seront atteint au cours de leur vie. Les phobies spécifiques se déclarent en bas âge entre 5 et 12 ans. L’âge varie en fonction du sous-type de phobie spécifique les phobies animales et les phobies de type sang-injection-blessure se déclarent généralement au cours de l’enfance et les phobies situationnelles (phobie de la conduite, claustrophobie) se manifestent généralement à la fin de l’adolescence ou au début de l’âge adulte.
 

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Prévenir et soigner


Traitements
 

  • Psychothérapie

Puisque les personnes souffrant de phobies spécifiques se présentent rarement pour recevoir un traitement, il est difficile d'avoir toutes les informations pertinentes sur l'évolution de ces phobies. Elles sont cependant considérées comme étant un des troubles anxieux les plus faciles à traiter, répondant très bien à la thérapie basée sur l'exposition, laquelle soulage rapidement les symptômes. L'utilisation de la médication est rarement nécessaire. Par contre, sans traitement, les phobies spécifiques, dont le début se situe souvent dans l'enfance, auront tendance à se poursuivre à l'âge adulte, persisteront durant plusieurs années sans cependant démontrer de variation dans l'intensité.

L’approche courante de la thérapie d’exposition consiste en une exposition progressive.

L’exposition à la réalité virtuelle simulée par ordinateur s’est avérée efficace pour des phobies comme la peur de l’avion et des hauteurs.
 

  • Pharmacothérapie

La médication est peu utilisée car les thérapies d’exposition sont très efficaces pour le traitement des phobies spécifiques.

Les benzodiazépines peuvent toutefois être utilisées pour assurer un soulagement des symptômes aigus, au besoin, pour un patient souffrant d’une phobie spécifique qui doit affronter une situation redoutée.


Puisque le traitement peut améliorer grandement la qualité de vie d'une personne souffrant de phobie, il est donc justifié de consulter si on croit souffrir d'une phobie quelconque.  Dans un premier temps, il est important de consulter un médecin de famille qui pourra poser le diagnostic, offrir une médication si nécessaire, et orienter vers des services plus spécialisés, psychologiques ou autres, selon la gravité de la phobie.
 

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Ressources

Association / Troubles Anxieux du Québec
www.ataq.org
(514) 251-0083

Le site du Canadian Network for Mood and Anxiety Treatments
www.canmat.org

L’Ordre des psychologues du Québec
www.ordrepsy.qc.ca

(514) 738-1881 ou 1-888-731-9420

Revivre : Association québécoise de soutien aux personnes souffrant de troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires
www.revivre.org
Ligne d’écoute : (514) 738-4873 ou 1.866.REVIVRE

La Clé des Champs : Réseau d’entraide pour personnes vivant avec le trouble anxieux
www.lacledeschamps.org
(514) 334-1587

Phobies-Zéro : Groupe de soutien et d’entraide pour les jeunes et les adultes souffrant de troubles anxieux.  Groupes d’entraide à Montréal et en région.
www.phobies-zéro.qc.ca
Ligne d’écoute et de soutien : (514) 276-3105 ou 1-866-0002

Groupe d’Entraide G.E.M.E.  Groupe d’entraide pour un mieux-être
http://www.geme.qc.ca
(450) 462-4363, numéro sans frais : 1-866-443-4363

Fédération des familles et amis de la personne atteinte de maladie mentale (FFAPAMM)
www.ffapamm.com

1-800-323-0474

Association québécoise de prévention du suicide
24 heures/ jour, 7 jours/7 partout au Québec
www.aqps.info
1-866 APPELLE (277-3553)


Consultez aussi notre répertoire pour voir toutes les ressources disponibles.

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