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La musique, une arme efficace contre la dépression des jeunes

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12 nov 2014

La musique, une arme efficace contre la dépression des jeunes
 
Un programme de musicothérapie combiné à des antidépresseurs a permis de réduire davantage les symptômes dépressifs chez des jeunes de 8 à 16 ans.
 

La musique, antidépresseur pour les jeunes? Encore plus que ne le croyez! Une équipe de la Queen's University de Belfast en Irlande du Nord vient de montrer qu'une cure de musicothérapie ajoutée à un traitement antidépresseur améliore significativement les symptômes dépressifs par rapport à un traitement seul chez des enfants et adolescents de 8 à 16 ans. Cet effet avait déjà été constaté chez certains patients mais aucune preuve scientifiquement valide ne permettait de trancher sur le bénéfice réel de cette approche thérapeutique dans cette population. Voilà qui est fait grâce à cette nouvelle étude destinée à évaluer l'effet de la musicothérapie chez 251 enfants de 8 à 16 ans souffrant de troubles psychiques sévères de type émotionnel, comportemental et/ou social, dont un tiers présentaient une dépression.

En pratique, ces jeunes devaient poursuivre leur traitement en cours quel qu'il soit, mais la moitié d'entre eux, choisis au hasard, participaient en plus à un programme de musicothérapie animé par un spécialiste: des ateliers individuels d'improvisation libre de trente minutes hebdomadaires pendant douze semaines. Le professionnel jouait ou faisait jouer selon les souhaits de l'enfant et disposait de plusieurs instruments. Les auteurs ont utilisé plusieurs échelles d'évaluation pour tester la qualité et la quantité des échanges oraux et sociaux, l'estime de soi, la dépression ou encore le fonctionnement familial avant et après ce programme puis trois mois après.

 

Un programme basé sur la communication et la créativité

A l'issue des douze semaines, les chercheurs ont constaté une réduction significative des symptômes dépressifs chez les enfants ayant suivi le programme de musique. Ils ont également relevé une nette amélioration de l'estime de soi dans ce groupe en général, ainsi que des progrès significatifs en communication orale, en particulier pour les 13 - 16 ans. «C'est la première fois qu'une étude fournit des résultats robustes. En outre, le suivi à trois mois, toujours en cours, semble montrer que ces améliorations se maintiennent dans le temps. Elles sont certainement associées au choix du programme basé sur les échanges, la communication et la créativité, expliquent le Pr Sam Porter, responsable des travaux à l'université Queen de Belfast et son associée le Dr Valerie Holmes. L'idée n'est pas de remplacer les traitements mais d'offrir une approche thérapeutique complémentaire pour ces enfants dont la prise en charge est difficile, avec des résultats parfois aléatoires. Et le suivi à long terme nous dira si cela permet de réduire les doses d'antidépresseurs».

Impossible à ce stade d'expliquer pourquoi la musique produit ces effets. «Ce que l'on sait, c'est que la musique est un vecteur de plasticité cérébrale qui induit des remaniements entre des réseaux de neurones très vastes, avec notamment de nouvelles connexions. Cela profite à de nombreuses aires à proximité de ces réseaux: le fait du jouer du piano peut par exemple améliorer la motricité globale chez des personnes présentant une lésion cérébrale, le chant ou la création musicale peut faciliter le langage chez des individus aphasiques, illustre Emmanuel Bigand, professeur de psychologie cognitive à l'Université de Bourgogne (Dijon) et membre de l'Institut universitaire de France. Nous savons aussi que la musique favorise la libération de dopamine et qu'elle est donc susceptible de modifier la chimie du cerveau avec peut-être des effets prolongés à quelques jours ou semaines». Mais impossible pour le moment de dire si ces mécanismes peuvent réduire des symptômes dépressifs. A noter aussi qu'il ne suffit pas d'écouter de la musique pour guérir. «Les bénéfices s'observent selon des schémas particuliers de musicothérapie et des styles de musique adaptés à un trouble et des objectifs précis», rappelle-t-il.

En France, entre 2 à 3 % d'enfants et 14 % d'adolescents souffriraient de dépression.

Source : http://sante.lefigaro.fr/actualite/2014/10/29/22980-musique-arme-efficace-contre-depression-jeunes

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